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La peur de la caméra : d'où elle vient, comment elle passe

Par Florent Garcia · Publié le

En bref

La gêne ne vient pas de la caméra mais du public que vous imaginez et du fait de vous voir. La première prise est mauvaise pour tout le monde : c'est un échauffement, pas une vidéo. Tournez cinq prises d'affilée, ne visionnez rien avant la fin de la séance, et adressez-vous à une personne précise.

Des gens qui prennent la parole devant cent personnes sans trembler bloquent devant leur propre téléphone. Ce n'est pas un manque de confiance. C'est une situation qui n'a rien de naturel, et à laquelle on s'habitue.

Ce que vous craignez vraiment

Ce n'est pas l'objectif qui gêne. C'est l'idée d'être jugé par des gens que vous connaissez : vos anciens collègues, vos concurrents, votre belle-famille. La caméra n'est qu'un objet, le public imaginé fait tout le travail.

S'ajoute un second effet : vous vous voyez. Personne n'aime se voir ni s'entendre, parce que ce n'est pas l'image ni la voix que vous connaissez de l'intérieur. Ce malaise n'a rien à voir avec la qualité de la vidéo.

Pourquoi la première prise est toujours mauvaise

Elle l'est pour tout le monde, y compris pour ceux qui tournent depuis des années. La voix est trop haute, le débit trop rapide, le regard cherche l'écran. C'est mécanique.

L'erreur consiste à la regarder, à conclure que vous n'êtes pas fait pour ça, et à ranger le téléphone. Il ne fallait pas la regarder : il fallait en tourner quatre autres.

La première prise n'est pas une vidéo. C'est un échauffement.

Cinq gestes qui font baisser la pression

  1. 1Parlez à une personne, pas à un publicChoisissez un client précis et adressez-vous à lui. « Vous » devient une personne réelle, votre ton redevient normal. Réglez le décor une fois pour toutes et vous n'y penserez plus.
  2. 2Tournez cinq vidéos d'affiléeJamais une seule. L'enjeu de chaque prise s'effondre quand il y en a cinq derrière.
  3. 3Ne regardez rien avant la fin de la séanceVous tournez, vous ne visionnez pas. Le tri se fait plus tard, à froid, quand vous n'êtes plus dedans.
  4. 4Sachez votre première et votre dernière phraseRien de plus. Un texte appris par cœur s'entend immédiatement ; deux points d'ancrage suffisent à ne pas se perdre.
  5. 5Filmez seul, porte ferméeLa présence de quelqu'un dans la pièce multiplie la gêne. Les premières semaines, personne ne vous regarde tourner. Le décor, lui, se règle une fois.

Le seul remède

Il n'y a pas de technique qui supprime la gêne. Il y a un nombre de répétitions au bout duquel elle disparaît, et ce nombre est plus petit que vous ne le croyez. Quelques jours de suite suffisent à changer le rapport à l'objectif.

Ce qui compte n'est pas d'être à l'aise avant de commencer. C'est de commencer assez souvent, et assez vite, pour devenir à l'aise.

Questions fréquentes

Comment être à l'aise face à la caméra ?
En répétant, pas en attendant de l'être. Parlez à une personne précise, tournez cinq vidéos d'affilée plutôt qu'une seule, et ne regardez aucune prise avant la fin de la séance.
Pourquoi je déteste ma voix et mon image en vidéo ?
Parce que ce ne sont pas celles que vous connaissez de l'intérieur. Ce malaise est partagé par presque tout le monde et n'a aucun rapport avec la qualité de votre vidéo.
Au bout de combien de temps la peur disparaît-elle ?
Il n'y a pas de technique qui la supprime, il y a un nombre de répétitions au bout duquel elle passe. Quelques jours de suite suffisent à changer le rapport à l'objectif. Voir des gens ordinaires le faire aide aussi.
Comment parler face caméra sans lire un texte ?
Retenez uniquement votre première et votre dernière phrase, puis parlez comme vous le feriez à un client. La lecture s'entend toujours, y compris sur un prompteur. L'improvisation encadrée passe beaucoup mieux.
Faut-il prévenir son entourage avant de commencer à publier ?
Non, et l'annonce est même contre-productive : elle transforme un essai en engagement public. Publiez d'abord, expliquez ensuite si on vous pose la question. Personne ne remarque un début, tout le monde remarque un abandon annoncé.
Que faire quand on n'aime pas le résultat de ses vidéos ?
Attendez la fin de la séance pour les regarder, jamais entre deux prises. À froid, le jugement est bien moins sévère. Et comparez la cinquième prise à la première, pas à ce que font des gens qui filment depuis dix ans.

À retenir

  • La gêne vient du public imaginé et du fait de se voir, pas de la caméra.
  • La première prise est mauvaise pour tout le monde : elle sert d'échauffement.
  • Cinq vidéos d'affilée valent mieux qu'une seule vidéo parfaite.
  • On ne visionne rien avant la fin de la séance.

Écrit par

Florent Garcia

Fondateur d'une agence de production vidéo, Meta Partner

Je dirige une agence de production vidéo et de personal branding, +30 000 abonnés sur LinkedIn. Je sais exactement ce que coûte une production déléguée, c'est mon métier au quotidien.

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